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Editorial

Rentrée scolaire 2026 : le poids d’un cartable devenu trop lourd pour les familles

Publié le 19/09/2026 • Par La Rédaction

À une dizaine de jours de la rentrée scolaire, fixée au 1er octobre 2026, les marchés de Bamako affichent des prix de fournitures en hausse. Un phénomène banal en apparence, mais qui révèle, chaque année un peu plus, l’écart entre le coût de la vie et les moyens réels des ménages.

La scène se répète chaque année à la même période : les étals des marchés se couvrent de cahiers, de stylos et de cartables, et les parents s’y pressent avec, en tête, une liste de fournitures à boucler avant la reprise des cours. Cette année, cependant, le rituel a un goût plus amer. À l’approche de la rentrée scolaire prévue le 1er octobre 2026, sacs, cahiers, stylos et autres articles scolaires connaissent une hausse des prix qui pèse particulièrement sur les familles nombreuses. Sur le terrain, le constat des acheteurs est unanime : les prix ont grimpé par rapport à l’année précédente, tandis que les vendeurs eux-mêmes observent que la fréquentation des marchés reste mesurée, chacun ajustant son panier à ses moyens. Studio Tamani

Ce sont là des faits établis, rapportés depuis les marchés de la capitale. Ce qu’il convient d’y ajouter, en revanche, relève de l’analyse : cette hausse ne survient pas dans un vide économique. Elle s’inscrit dans un contexte marqué, depuis plusieurs mois, par des tensions sur l’approvisionnement en carburant et par un renchérissement plus général du coût de la vie à Bamako, notamment sur des produits de première nécessité comme le charbon et le bois de chauffe. Il serait toutefois prématuré, en l’état des informations disponibles, d’établir un lien de causalité direct et chiffré entre cette conjoncture et la hausse spécifique du prix des fournitures scolaires : cette question mériterait d’être documentée plus précisément, notamment auprès des grossistes et des services de contrôle des prix.

Ce que l’on peut affirmer, à la lecture des témoignages recueillis, c’est que la charge de la rentrée s’alourdit d’abord pour ceux qui ont le moins de marge : les familles nombreuses, les foyers à revenus irréguliers, ceux pour qui chaque enfant scolarisé représente une dépense qui s’additionne. La rentrée scolaire n’est donc pas seulement un rendez-vous pédagogique. Elle agit, chaque année, comme un révélateur silencieux des inégalités économiques qui traversent les foyers maliens.

Il appartient aux pouvoirs publics et aux acteurs du commerce de clarifier les raisons de cette hausse, et, le cas échéant, d’envisager des mesures d’accompagnement pour les familles les plus exposées, qu’il s’agisse de contrôle des marges, de kits scolaires subventionnés ou de campagnes de sensibilisation sur les circuits d’achat les plus abordables. À défaut, c’est le droit à l’éducation lui-même qui risque, pour certains foyers, de devenir affaire de moyens plutôt que de volonté.

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